De Wever promet 1.000 € de plus par an aux travailleurs d’ici 2030

Politique

Un gain net de 1 000 euros dans la poche des travailleurs belges d’ici 2030. C’est la promesse phare de Bart De Wever lors de la déclaration de politique générale mercredi. Le chef de gouvernement d’Arizona défend des réformes fiscales progressistes pour « récompenser le travail ». Mais la promesse suscite déjà des réactions vives. Face à cette annonce, l’opposition et les syndicats soulignent déjà les défis et les impacts possibles sur le pouvoir d’achat des citoyens.

La réforme fiscale au cœur de la stratégie du gouvernement

Le Premier ministre belge Bart De Wever a placé la réforme fiscale au centre de sa politique pour encourager le travail et soutenir l’économie du pays. Lors de sa déclaration de politique générale, il annonce qu’environ 1.000 € nets supplémentaires pourraient être versés chaque année aux travailleurs d’ici 2030.

Selon le gouvernement, cette augmentation découlera d’une combinaison de mesures sur le marché du travail et d’un ajustement progressif de la fiscalité. Le plan budgétaire prévoit une entrée en vigueur partielle dès 2026, avec un salaire minimum pour lequel le brut sera égal au net. Une deuxième étape de la réforme sera appliquée en 2028, soit un an plus tôt que prévu, tandis qu’un troisième volet est reporté à 2030, après les prochaines élections de 2029. L’objectif du gouvernement est de « cuire le gâteau avant de pouvoir le partager », selon les mots du Premier ministre, soulignant la nécessité de consolider les finances publiques avant d’augmenter le pouvoir d’achat.

Pour le Chef du gouvernement, ces réformes visent à renforcer l’attractivité du marché du travail tout en réduisant la dette publique. Elles incluent également un taxe shift ciblé sur la consommation et une réintégration progressive des malades de longue durée. Le gouvernement insiste sur le fait que ces mesures sont indispensables pour soutenir l’économie et encourager l’emploi, tout en préparant le pays aux défis futurs liés au vieillissement de la population et à la compétitivité des entreprises.

Les impacts du plafonnement sur les salaires et pensions : qui sera vraiment concerné ?

Dès le début de 2028, le gouvernement procèdera à un plafonnement de l’indexation des salaires ainsi que des pensions. Il s’agit d’une mesure d’ordre technique, mais qui sera bien plus significative dans sa portée concrète pour une proportion importante de la population du pays. En effet, l’indexation ne s’appliquera qu’aux seuls premiers 4.000 euros bruts de salaire, et pas plus pour les pensions et allocations, qui seront elles aussi soumises à un montant limite de 2.000 euros bruts.

Pour illustrer, un travailleur gagnant 5.000 euros bruts par mois ne verra l’indexation appliquée qu’aux premiers 4.000 euros de salaire, la tranche qui excède ce montant ne bénéficiant pas, par construction, d’une revalorisation automatique. Le manque à gagner peut vite devenir considérable au fil de la carrière professionnelle et donc lors du calcul de la pension de retraite.

Près de la moitié des travailleurs du pays seraient ainsi concernés par cette réforme. En effet, en 2022, le salaire brut moyen était de 4.076 euros, tandis qu’il était de 3.728 euros pour le salaire médian. Pour ce qui est des pensions, la moyenne nationale se situe à 1.933 euros bruts, celle-ci étant évidemment différente entre les hommes (2.203 euros) et les femmes (1.806 euros). Ces chiffres suggèrent que le plafonnement touchera une proportion importante de la population active et des retraités belges.

L’opposition dénonce un budget injuste pour la classe moyenne

La promesse de gain net par an pour les travailleurs est d’ores et déjà vigoureusement critiquée par l’opposition en Belgique, les partis PS, PTB et Ecolo déclarant que ce budget n’est pas juste pour la classe moyenne et que l’effort fiscal repose principalement sur les salariés déjà les plus exposés ; la redistribution est censée profiter aux travailleurs, mais selon eux, elle en bénéficierait peu et pourrait même réduire le pouvoir d’achat de certains d’entre eux, signalée notamment par les nombreux artifices sur le plan salarial, et la préconisation de limiter l’indexation des salaires et pensions, les socialistes considérant qu’elle touche inégalement les classes moyennes et supérieures alors même que ce sont les plus grosses fortunes qui devraient consentir un effort fiscal.

Les écologistes critiquent les conséquences pour les malades et les familles, au profit d’un retour à la rigueur budgétaire élu tout en négligeant le bien-être social, au cœur des préoccupations du citoyen. L’Open Vld s’inquiétant des nombreuses taxes qui viennent depuis un certain temps imposer une contribution sur le produit de consommation, des sorties culturelles aux loisirs quotidien, en ajoutant que cela renforce le sentiment d’injustice et rend pour le moins compliquer le quotidien des citoyens dans l’attente de connaître particulièrement la portée de mesures dites d’austérité, réclamées par le pacte de responsabilité.

Les 1.000 € de plus promesse du Premier ministre De Wever font rebondir le débat politique en Belgique. Le gouvernement se justifie par les réformes fiscales et du marché du travail, l’opposition et les syndicats alertent sur le climat de repli qui affectera la classe moyenne et les travailleurs, la question du pouvoir d’achat et celle de l’équité sociale étant posées.

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