Le 1er décembre apporte plusieurs changements majeurs en Belgique. Renforcement de la sécurité autour des sites nucléaires, arrêt d’un réacteur historique et interdiction de l’IA DeepSeek dans l’administration fédérale. Ces mesures traduisent une volonté de moderniser la protection nationale et de sécuriser les usages numériques publics.

Fermeture historique du réacteur Doel 2 après 50 ans
Le 1er décembre 2025 marque un tournant dans l’histoire énergétique belge avec l’arrêt définitif du réacteur nucléaire Doel 2. Déconnecté du réseau haute tension à 21h38, ce réacteur de 445 mégawatts met fin à cinquante années de production électrique, ayant débuté exactement le 1er décembre 1975 sur les rives de l’Escaut.
Doel 2 devient ainsi le cinquième réacteur à fermer ses portes en Belgique, rejoignant Doel 3, Doel 1, Tihange 2 et Tihange 1 dans l’histoire. Cette fermeture laisse désormais seulement deux réacteurs en activité sur le territoire belge : Doel 4 et Tihange 3, dont l’exploitation se poursuivra jusqu’en 2035.
La phase de mise à l’arrêt commence immédiatement avec des travaux préparatoires. Le démantèlement proprement dit ne débutera qu’en 2029, tandis que la démolition complète des installations est planifiée entre 2039 et 2040. Cette fermeture s’inscrit dans la stratégie de sortie progressive du nucléaire adoptée par la Belgique.

Renforcement militaire sur les sites nucléaires belges
À partir du 1er décembre 2025, l’armée belge étend sa présence sur plusieurs installations nucléaires stratégiques du pays. Depuis juillet dernier, les militaires soutenaient déjà la police fédérale dans la protection des centrales de Doel et Tihange. Désormais, leur mission s’élargit à trois nouveaux sites sensibles.
Le centre de recherche nucléaire SCK CEN de Mol, le Joint Research Center de Geel et Belgoprocess à Dessel, entreprise spécialisée dans le traitement et le stockage des déchets radioactifs, bénéficieront désormais de cette surveillance militaire renforcée. Cette extension fait suite à un protocole d’accord signé en juin entre le ministre de la Défense Theo Francken et le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin.
L’objectif principal de ce déploiement militaire est de libérer des agents de police fédérale pour d’autres missions, tout en maintenant la police à la tête des opérations de sécurité. À partir du 1er avril 2026, les forces armées interviendront également pour sécuriser l’Institut national des radioéléments à Fleurus, complétant ainsi le dispositif de protection des installations nucléaires belges.

DeepSeek banni de l’administration fédérale belge
La Belgique prend une décision ferme en matière de cybersécurité ce 1er décembre avec l’interdiction de DeepSeek dans toute l’administration fédérale. Cette intelligence artificielle chinoise, considérée comme l’équivalent de ChatGPT, doit être immédiatement désinstallée de tous les appareils professionnels utilisés par les fonctionnaires.
La ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, Vanessa Matz, a publié une circulaire officielle suite à une analyse du Centre pour la sécurité Belgique. Les préoccupations concernent principalement les risques pour la confidentialité des données sensibles. Plusieurs pays ont déjà bloqué l’accès à cette technologie chinoise pour des raisons similaires.
L’interdiction s’applique largement : services fédéraux, entreprises publiques autonomes, institutions publiques, Défense et police fédérale sont tous concernés. Concrètement, tout appareil dont les frais sont partiellement ou totalement pris en charge par les pouvoirs publics ne peut plus héberger DeepSeek. Selon Vanessa Matz, cette mesure préventive garantit que les administrations belges restent « un espace sûr, protégé et exemplaire » face aux menaces numériques contemporaines.
Ces mesures du 1er décembre illustrent une Belgique qui renforce sa sécurité nucléaire, encadre mieux ses outils numériques et ajuste son parc énergétique pour répondre aux défis actuels. Cette évolution sécuritaire s’inscrit dans un contexte politique marqué par des débats intenses à la Chambre, où les discussions sur le budget 2025 et la déclaration de politique générale ont révélé des tensions persistantes.